Air France suspend ses vols directs entre Paris et Bangui à partir de février 2025, suscitant des réactions vives en Centrafrique.
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Cette décision, motivée par des raisons économiques et sécuritaires, réoriente les passagers via Yaoundé, impactant les relations diplomatiques franco-centrafricaines récemment renforcées.
Suspension des vols directs : une décision économique
Air France a décidé de suspendre ses vols directs entre Paris et Bangui, avec un dernier vol prévu le 31 janvier. Cette décision est motivée par des raisons économiques, notamment la faible rentabilité de la ligne.
Le faible taux de remplissage des vols, les taxes aéroportuaires élevées et le coût local du carburant ont contribué à cette situation. De plus, l’interdiction de survol du Niger a allongé le temps de vol, rendant la liaison encore moins viable.
🚨✈️ FLASH | CENTRAFRIQUE 🇨🇫
Air France a décidé de suspendre ses vols directs vers Bangui.
Raison officielle : manque de rentabilité.
Réalité : le Niger 🇳🇪 a interdit le survol de son espace aérien aux avions d’Air France.Pour rejoindre Bangui, les appareils devaient… pic.twitter.com/ohkdk0DPTP
— AES Alerte (@Aesalerte) January 19, 2026
À partir du 1er février, il ne sera plus possible de réserver un vol direct vers Bangui. Les passagers devront désormais transiter par Yaoundé, où Air France maintient des vols en partenariat avec Afrijet FlyGabon.
Cette réorganisation s’inscrit dans une stratégie plus large de rationalisation du réseau africain de la compagnie, qui ajuste régulièrement ses opérations en fonction des contraintes économiques et sécuritaires.
Réactions à Bangui : une indignation diplomatique
La suspension des vols directs par Air France a suscité une vive indignation à Bangui. Les responsables centrafricains, se sentant lésés, ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils perçoivent comme un désengagement diplomatique.
Le président Faustin-Archange Touadéra a demandé des explications à l’ambassadeur de France, et la question a été portée jusqu’à l’Élysée. Cette décision est perçue comme un obstacle aux efforts de rapprochement entre la France et la Centrafrique, initiés par la feuille de route de coopération bilatérale signée en avril 2024.

Les implications diplomatiques de cette décision sont significatives, car elles pourraient accentuer l’isolement de Bangui, déjà confrontée à des défis régionaux et à une influence russe croissante.
Bien qu’Air France soit une entreprise privée, l’État français, qui détient une part importante de son capital, est impliqué dans cette décision. Certains diplomates estiment que cette suspension va à l’encontre des efforts récents pour renforcer les liens entre les deux pays, soulignant l’importance de maintenir des connexions directes pour soutenir la coopération bilatérale.
Une recomposition du ciel africain
Air France réorganise sa stratégie pour l’Afrique centrale en recentrant ses opérations sur Yaoundé. Ce hub stratégique, en partenariat avec Afrijet et Asky Airlines, permet de desservir plusieurs capitales de la région, telles que Libreville et Brazzaville.
Cette approche vise à maintenir la continuité du service tout en assurant la viabilité économique des opérations régionales. Les passagers de Bangui devront désormais transiter par Yaoundé pour rejoindre Paris, perdant ainsi l’accès direct à Roissy-Charles-de-Gaulle.
Cette réorganisation s’inscrit dans une stratégie plus large de rationalisation du réseau africain d’Air France, répondant aux contraintes économiques et sécuritaires.


