SCAF : pourquoi l’Italie accuse le Royaume-Uni de freiner l’avion de combat du futur

SCAF : pourquoi l’Italie accuse le Royaume-Uni de freiner l’avion de combat du futur

Les tensions entre Dassault Aviation et Airbus freinent l’avancée du Système de combat aérien du futur (SCAF), un projet crucial pour la France, l’Allemagne et l’Espagne.

Tandis que les discussions se poursuivent, l’importance de l’architecture numérique et les défis similaires rencontrés par le programme concurrent GCAP soulignent la complexité de ces collaborations internationales.

Conflit Dassault-Airbus : un obstacle majeur

Les désaccords entre Dassault Aviation et Airbus entravent l’avancement de la phase 2 du Système de combat aérien du futur (SCAF).

Dassault Aviation souhaite obtenir le rôle de maître d’œuvre pour le développement du nouvel avion de combat (NGF), une position contestée par les filiales allemande et espagnole d’Airbus.

Pour surmonter cette impasse, Michael Schöllhorn, PDG d’Airbus Defence & Space, propose de développer deux versions du NGF pour répondre à différents profils de mission.

Lire aussi :  Sécurité aérienne renforcée : le Qatar investit dans les radars les plus puissants de Thales

Cette approche pourrait offrir une diversité et une résilience accrues, tout en répondant aux besoins variés des missions européennes.

Défis du partage technologique dans le GCAP

Le programme GCAP, mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, rencontre également des difficultés similaires à celles du SCAF.

Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a critiqué le manque de partage technologique de la part du Royaume-Uni, soulignant que ce refus est insensé sur le plan politique et historique.

Il a également exprimé des préoccupations concernant les coûts élevés des deux premières phases du programme pour l’Italie.

La réticence de certains partenaires ralentit notre travail quotidien et complique la planification des projets à long terme.Lucie, 42 ans, ingénieure aéronautique

Crosetto a appelé l’industrie italienne à partager ses technologies avec ses partenaires britanniques et japonais, dénonçant l’égoïsme national.

Lire aussi :  China Eastern et COMAC s'allient pour un C919 allongé, un défi pour Airbus et Boeing

Il a insisté sur l’importance de briser les barrières de l’égoïsme pour favoriser une coopération efficace. Malgré ses appels, le Royaume-Uni reste réticent, ce qui complique davantage la collaboration au sein du GCAP.

L’architecture numérique : le véritable enjeu

L’architecture numérique, ou “cloud de combat”, est au cœur du SCAF, comme l’a souligné le général Jérôme Bellanger.

Elle est cruciale car elle connecte les aéronefs, drones, capteurs et systèmes d’armes, surpassant l’importance de l’avion lui-même.

Cette interconnexion est essentielle pour garantir une efficacité opérationnelle optimale.

Sur le plan politique, le chancelier allemand Friedrich Merz espère une décision commune avec la France, malgré des divergences.

Cette coopération est stratégique pour l’Europe, car elle pourrait renforcer la résilience et l’autonomie technologique face aux défis sécuritaires actuels.

thomas lemaire neowp

Journaliste passionné par l’innovation, la mobilité et l’aviation, Thomas suit de près l’évolution du transport aérien à travers le monde. Sur Observatair, il décrypte avec précision et curiosité les actualités des compagnies, les nouvelles liaisons et les grandes tendances qui redessinent le ciel mondial.